Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst (Samuel van Hoogstraten)

Jan Blanc

Genève, Librairie Droz, coll. Travaux du Grand Siècle, 2006
574 pages
ISBN-10 : 2600010688
ISBN-13: 978-2600010689

Le peintre et théoricien hollandais Samuel van Hoogstraten (1627-1678) est aujourd’hui un personnage familier de ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, au Siècle d’or. Grâce aux études et aux monographies qui lui ont été consacrées et qui ont été publiées depuis plus de vingt ans, sa vie et son œuvre ont pu être en partie redécouverts, son milieu social et familial reconstitué, la réception de ses tableaux mieux évaluée. Pourtant, le principal ouvrage pour lequel Van Hoogstraten est connu, l’Inleyding tot de hooge schoole der schilderkonst (Introduction à la haute école de l’art de peinture), traité de près de quatre cents pages qu’il a écrit à la fin de sa vie, n’a jamais fait l’objet d’une édition critique ou d’une traduction complète, dans quelque langue que ce soit. Le Schilder-boeck (Livre des peintres) de Carel van Mander (1604), le De pictura veterum (De la peinture des anciens) de Franciscus Junius (1637), le Lof der schilderkonst (Éloge de l’art de peinture) de Philips Angel (1641), l’Inleydinge tot de al-ghemeene teycken-konst (Introduction à l’art universel de dessin) de Wilhelmus Goeree (1668) et la Teutsche Academie der Edlen Bau-, Bild- und Mahlerey-Künste (Académie allemande des nobles arts d’architecture, de sculpture et de peinture) de Joachim von Sandrart (1675-1680) ont été récemment traduits ou étudiés. L’édition du Groote schouburgh der nederlantsche konstschilders en schilderessen (Grand théâtre des hommes et femmes peintres néerlandais) d’Arnold Houbraken (1718-1721) est actuellement supervisée à l’Université d’Utrecht, par Peter Hecht. Mais l’Inleyding, de son côté, a pratiquement été laissée de côté, alors même que son importance pour la compréhension des théories et pratiques de la peinture hollandaise du XVIIe siècle a toujours été soulignée.

L’absence d’une édition critique de l’Inleyding a évidemment nui à l’étude et à la compréhension de ce traité. Cette négligence s’est d’abord traduite dans les grandes synthèses consacrées aux théories artistiques européennes. En 1924, Julius von Schlosser est le premier historien d’art à faire référence au traité de façon conséquente. Il semble pourtant ne l’avoir lu qu’en diagonale. Il parle d’un « poème didactique », publié en 1641, alors le livre n’est en réalité que partiellement versifié et que sa dimension didactique reste à discuter. Du reste, l’Inleyding ne paraît qu’en 1678 (Schlosser confond vraisemblablement l’Inleyding et le De pictura veterum de Franciscus Junius). L’interprétation du traité n’est guère plus recevable. Elle repose sur des présupposés et des lectures antérieures plutôt que sur une réelle étude du traité. Van Hoogstraten est présenté comme un « rhéteur d’empreinte classique et romane », un « représentant de la théorie officielle » qui n’aurait dit « pratiquement rien de neuf » sur son art. La plupart des études qui ont été plus tard consacrées à l’Inleyding ne sont pas plus concluantes. Dans sa thèse inédite soutenue à Munich, Elisabeth von Gosen présente une traduction allemande partielle des livres I, II et IX, un index incomplet de l’Inleyding ainsi qu’une courte analyse linéaire du traité, associée à une lecture des théories artistiques antérieures (Van Mander, Junius et Angel, principalement). Mais cette étude est, pour l’essentiel, un travail de seconde main. Il ne concerne qu’une faible partie de l’Inleyding, et il se contente de compiler ou de résumer des informations souvent inexactes concernant la vie du peintre. Si l’ouvrage écrit par Jan A. Emmens sur la place de Rembrandt dans la littérature artistique du XVIIe siècle, Rembrandt en de regels van de kunst (Rembrandt et les règles de l’art) a été le premier à proposer une lecture cohérente de la théorie de Van Hoogstraten, il demeure, lui aussi, discutable sur de nombreux points. Les arguments qu’il avance pour définir le « classicisme » de Van Hoogstraten et qui ont été largement repris par la suite et en partie accrédités par l’étude de Hans-Jörg Czech, sont tout à fait contestables. On comprend dès lors la raison pour laquelle l’édition précise et la traduction du traité de Van Hoogstraten peuvent paraître nécessaires à son étude. C’est ce manque, préjudiciable à l’interprétation du traité de Van Hoogstraten mais aussi, plus largement, à la connaissance de l’art du Siècle d’or hollandais, que cette édition se propose de venir combler.

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